Lorsque Duke Ellington a composé ""It Don't Mean A Thing If It Ain't Got That Swing"" en 1931, il cherchait à transmettre, selon ses propres mots, ""l'expression d'un sentiment"".
En effet, au-delà des rythmes entraînants et des harmonies simples mais endiablées, le ""swing"" était le reflet d'un phénomène culturel. Nous connaissons tous ces images - souvent sous forme d’archives en noir et blanc - où l’animateur arbore un sourire radieux, où les membres du groupe portent des smokings identiques, où les cheveux sont lissés, et les cuivres au garde à vous… Le swing était alors devenu la musique la plus populaire aux Etats-Unis.
Pendant des générations, le swing - qui s'est développé dans les salles de danse de Harlem - exprimait l'extase et la vitalité de la jeunesse, malgré le contexte de dépression et de conflits étrangers. C'était une musique qui bougeait, pas seulement sur les pistes de danse, mais pour les musiciens eux-mêmes : l'ère du swing des années 30 et 40 était différente de celle du swing pop et du jazz des big bands des années 50 et 60.
Voici une playlist vidéo qui capture une partie de la pure jubilation excessive qu’entraîne cette musique révolutionnaire. Elle rassemble les pionniers du genre, comme Duke Ellington, Louis Armstrong, Count Basie et Lionel Hampton, mais aussi ceux qui ont marché dans leurs pas, comme Quincy Jones, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald et bien d'autres encore.